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Centimes

Bien manger à petit prix, comme nos grands-parents savaient le faire.

Le ticket Rayon 8 · Les comptes

Rayon 8 · Les comptes

Bien manger avec un petit budget : raisonner au prix de la portion

En Suisse, la nourriture coûte cher, et les fins de mois se jouent souvent sur le panier de courses. Pourtant, avec les habitudes de nos grands-parents et quelques calculs simples, on mange bien pour deux à trois francs par portion. Le secret : regarder le prix de l'assiette, pas celui du paquet.

Le prix de la portion, pas du paquet

Un paquet de lentilles à deux francs cinquante paraît plus cher qu'un plat préparé en promotion. Mais le paquet fait six portions, le plat préparé une seule. Pour comparer, il faut ramener chaque achat à ce qu'il donne dans l'assiette. C'est le principe du ticket de l'accueil : un panier d'environ trente francs, trois repas pour quatre, douze portions, soit à peu près deux francs cinquante la portion.

Les prix cités ici sont des ordres de grandeur, arrondis, relevés entre marché et grande surface sans enseigne particulière. Ils changent d'un endroit à l'autre et d'un mois à l'autre ; l'important est l'ordre de grandeur, et surtout l'écart entre les produits.

AlimentPrix indicatifCe que ça donnePar portion
Lentilles vertes sèchesenv. CHF 2.60 les 500 g6 portionsenviron 45 centimes
Pommes de terreenv. CHF 1.80 le kilo4 portionsenviron 45 centimes
Œufsenv. 70 centimes pièce2 œufs par personneenviron CHF 1.40
Carottesenv. CHF 2.40 le kilo6 à 8 portionsenviron 35 centimes
Viande hachéeenv. CHF 18 le kilo120 g par personneenviron CHF 2.20

Les légumineuses, deux fois par semaine

Les recommandations nutritionnelles suisses conseillent de manger des légumineuses au moins une fois par semaine. Nos grands-parents en mangeaient bien plus souvent, et pour cause : lentilles, pois cassés, haricots et pois chiches coûtent peu, rassasient longtemps et se gardent des mois. Deux repas par semaine à base de légumineuses suffisent à faire baisser nettement la facture.

Quelques idées qui plaisent même aux enfants : les lentilles aux carottes avec un œuf mollet, la soupe de pois cassés avec des croûtons, les haricots blancs à la tomate, le dal de lentilles corail, la salade de pois chiches. On peut tremper les haricots et les pois chiches la veille pour les cuire plus vite, et cuire une grande quantité d'un coup pour congeler le reste.

Pommes de terre fraîchement récoltées tenues dans deux mains
La pomme de terre, l'aliment le plus généreux du panier.

La pomme de terre, alliée des fins de mois

Un sac de deux kilos et demi de pommes de terre coûte quelques francs et nourrit une famille pendant plusieurs repas. En robe des champs, en purée, en röstis, en gratin, en soupe : la pomme de terre se décline presque à l'infini et se marie avec tout ce qui reste au frigo. On l'achète de préférence en grand sac, et on la garde au frais, dans le noir, pour qu'elle ne germe pas.

Les pommes de terre cuites en trop ne sont jamais perdues : elles font les röstis du lendemain. C'est l'une des recettes phares du rayon cuisine des restes.

La viande comme un condiment

Nos grands-parents mangeaient de la viande, mais en petite quantité : une saucisse pour quatre dans le papet, quelques lardons dans une salade, un os pour parfumer la soupe. Les recommandations suisses vont dans le même sens, avec deux à trois portions de viande par semaine au maximum. C'est aussi là que se fait la plus grosse économie : une portion de viande coûte souvent plus que tout le reste de l'assiette.

On choisit les morceaux qui demandent du temps plutôt que de l'argent : épaule, jarret, plat de côtes, joue, à mijoter longtemps. On complète avec des œufs, du fromage, des légumineuses et des produits laitiers comme le séré ou le yogourt nature, bien moins chers à la portion.

Barquettes de pommes de terre, d'oignons et de légumes sur une nappe à carreaux bleus
Au marché, les barquettes de fin de matinée coûtent souvent moins.

Où mettre un peu plus d'argent

Économiser ne veut pas dire tout acheter au plus bas prix. Certains produits méritent qu'on y mette quelques centimes de plus, parce qu'on en utilise peu et qu'ils changent le goût de tout le plat : un bon fromage à râper, une huile de colza de qualité, du pain d'une vraie boulangerie, des œufs de la ferme. C'est l'habitude du « un peu, mais du bon ».

À l'inverse, les produits transformés coûtent souvent beaucoup plus cher que leurs ingrédients : légumes déjà coupés, sauces toutes prêtes, desserts en portions individuelles, biscuits apéritifs. Les remplacer par du fait maison, même simple, libère une bonne part du budget. Une sauce tomate maison revient à une fraction du prix d'un bocal, une vinaigrette se fait en deux minutes, et un yogourt nature sucré soi-même avec un peu de confiture coûte nettement moins qu'un yogourt aromatisé.

Une semaine type

Pour une famille de quatre, une semaine économe peut ressembler à ceci : un plat de légumineuses le lundi, des pâtes à la sauce tomate maison le mardi, une soupe épaisse et des tartines le mercredi, le frigo du jeudi, une omelette aux légumes le vendredi, le papet du samedi et un repas de famille le dimanche. Le placard de base, décrit au rayon conserves et réserves, assure les jours où l'on n'a pas eu le temps de faire les courses.

Paniers en bois remplis de pommes de terre
Un grand sac revient presque toujours moins cher que les petits filets.

Le reste se joue au moment des achats : faire une liste après avoir ouvert le frigo, acheter les légumes du moment, comparer les prix au kilo. Les conseils pour s'y prendre au marché sont réunis dans le rayon faire son marché sans se ruiner.