Aller au contenu
0.90Nonante
Centimes

Bien manger à petit prix, comme nos grands-parents savaient le faire.

Le ticket Rayon 5 · Les enfants en cuisine

Rayon 5 · Les enfants en cuisine

Cuisiner avec les enfants : ce qu'ils peuvent faire à chaque âge

Le mercredi après-midi chez grand-maman, c'était souvent la farine jusqu'aux coudes et les biscuits pas tout à fait ronds. Cuisiner avec les enfants prend du temps et salit la table, mais c'est comme ça qu'on apprend à manger de tout, à compter et à ne rien gaspiller.

Pourquoi ça vaut le désordre

Un enfant qui a épluché une carotte la mange plus volontiers. Celui qui a cassé les œufs de l'omelette la goûte avec curiosité. Tous les parents l'ont constaté : la cuisine désamorce une bonne partie des refus à table. Elle apprend aussi des choses qu'on n'enseigne pas ailleurs, comme peser, mesurer, attendre que la pâte lève, ou comprendre qu'un kilo de pommes de terre ne coûte pas la même chose qu'un paquet de chips.

Pour les grands-parents, c'est une occasion rare de transmettre sans faire la leçon. On ne raconte pas « de mon temps » : on montre comment on roule une pâte, comment on reconnaît une pomme mûre, comment on sauve une sauce qui tourne. Les recettes de famille passent ainsi d'une génération à l'autre, avec leurs petites variations.

Il y a enfin l'argument du budget. Un enfant qui sait que la tresse du dimanche se fait avec de la farine, du lait, du beurre et un peu de levure, pour une fraction du prix de celle de la boulangerie, regarde les rayons du supermarché autrement. Il comprend aussi pourquoi on finit le pain de la veille et pourquoi on ne jette pas la moitié de son assiette. Ces leçons-là, données en cuisine, tiennent plus longtemps que n'importe quel sermon à table.

Avant de commencer : trois règles

Première règle, les mains : on les lave au savon avant de commencer et après avoir touché des œufs crus ou de la viande. Deuxième règle, le plan de travail à la bonne hauteur : un tabouret stable, jamais une chaise qui bascule. Troisième règle, les zones réservées aux adultes : le four chaud, la poêle d'huile et les couteaux bien aiguisés restent du côté des grands, tant que l'enfant n'a pas appris à les manier.

On choisit aussi une recette courte. Une heure de cuisine avec un enfant de cinq ans, c'est déjà beaucoup. Mieux vaut des biscuits réussis en quarante minutes qu'un repas complet abandonné à la moitié.

Mains cassant un œuf dans un bol de farine, œufs et petits fruits autour
Casser un œuf proprement, la première fierté du petit cuisinier.

De 3 à 5 ans : laver, verser, mélanger

Les plus petits adorent tout ce qui se touche. Ils peuvent laver les légumes dans une bassine, effeuiller la salade, verser des ingrédients déjà pesés, mélanger une pâte, étaler de la confiture, découper une pâte avec des emporte-pièces ou casser les œufs dans un bol à part (on repêche les coquilles ensemble). Ils peuvent aussi garnir des tartines pour le quatre-heures, ce qui leur donne l'impression de préparer un vrai repas.

À cet âge, le résultat compte peu. Un biscuit en forme d'étoile un peu tordue sera mangé avec fierté. L'important est de laisser faire, même si la farine finit par terre : la panosse est là pour ça.

Mains d'enfant farinées au-dessus d'une pâte et d'emporte-pièces
Les emporte-pièces, l'outil préféré des moins de six ans.

De 6 à 9 ans : éplucher, râper, peser

Vers six ou sept ans, l'enfant peut utiliser un économe, une râpe (avec une protection pour les doigts au début) et un petit couteau à bout rond pour couper des légumes tendres : courgette, champignon, banane. Il peut peser la farine sur la balance, mesurer le lait au verre doseur, lire une recette simple à voix haute.

C'est l'âge idéal pour les grands classiques : la pâte brisée du gâteau aux pommes, les croûtes dorées du pain rassis, la purée, une salade de carottes râpées, des petits pains tressés. On peut aussi lui confier une partie des courses au marché, avec un petit budget à respecter, ce qui donne une première leçon de calcul très concrète. Le rayon faire son marché explique comment comparer les prix d'un étal à l'autre.

De 10 ans à l'adolescence : un plat entier

Plus grand, l'enfant peut préparer un plat complet sous surveillance : une omelette, des pâtes à la sauce tomate, une soupe de légumes, des röstis, un gâteau. Il apprend à utiliser la cuisinière, à régler le four, à goûter et rectifier l'assaisonnement. On peut lui confier un repas par semaine, choisi avec lui, en fixant un budget pour les ingrédients.

Les adolescents qui savent faire trois ou quatre plats simples partent de la maison avec un vrai bagage. Ils mangent mieux, dépensent moins et cuisinent parfois pour toute la famille. Beaucoup apprennent volontiers les recettes de grands-parents, à condition qu'on les laisse les adapter à leur goût.

Mains d'enfant couvertes de farine au-dessus d'une planche à pâtisserie
La farine jusqu'aux coudes : un mercredi après-midi réussi.

Les recettes qui marchent à tous les coups

Certaines recettes conviennent à tous les âges, parce que chacun peut y faire quelque chose :

Elles ont aussi l'avantage de coûter peu : farine, œufs, lait, pommes et pain rassis forment la base de presque toutes. On termine en mangeant ensemble ce qu'on a préparé, idéalement à la même table que le reste de la famille, comme on le raconte au rayon repas de famille.

Pour les grands-parents. Gardez une recette « à vous » que les petits-enfants ne font qu'avec vous. C'est souvent celle-là qu'ils referont, des années plus tard, pour leurs propres enfants.