Le ticket Rayon 9 · Pour ceux qui mangent peu
Rayon 9 · Pour ceux qui mangent peu
Cuisiner pour ses parents âgés : petit appétit, petites portions, vrais repas
Un jour, on remarque que le frigo de ses parents est presque vide, ou au contraire plein de restes qui n'ont pas été touchés. L'assiette revient à moitié pleine, « je n'ai plus très faim ». Ce n'est pas une fatalité : on peut adapter les repas sans en faire des repas de malade.
Pourquoi l'appétit diminue
Avec l'âge, plusieurs choses changent en même temps. Le goût et l'odorat s'émoussent, et les plats paraissent fades. Les besoins en énergie baissent, parce qu'on bouge moins, alors que les besoins en nutriments restent à peu près les mêmes. Les dents ou un dentier mal ajusté rendent certains aliments pénibles à mâcher. Et surtout, cuisiner pour une seule personne n'a plus beaucoup de sens quand on a nourri une famille pendant quarante ans.
L'Office fédéral de la sécurité alimentaire résume bien l'enjeu : il ne s'agit pas de manger moins, mais de manger mieux. Chaque assiette doit compter, et le plaisir de manger reste une priorité, même à un âge avancé.
Moins de quantité, plus de densité
Quand on mange peu, chaque bouchée doit apporter quelque chose. Plutôt qu'une grande assiette qui décourage, on sert une petite assiette bien remplie, et l'on enrichit discrètement : un œuf battu dans la purée, du fromage râpé sur les légumes, un peu de crème ou de lait dans le potage, des lentilles corail qui fondent dans la soupe, une cuillère de séré dans la compote.
Trois repas et une ou deux collations, comme les quatre-heures, valent mieux que deux gros repas qu'on n'arrive pas à finir. On relève aussi les plats avec des herbes, des épices douces, un filet de jus de citron : quand le goût baisse, l'assaisonnement aide à retrouver l'envie.

Des protéines à chaque repas
Les aînés en mangent souvent trop peu, surtout le soir, quand le souper se résume à un café au lait et une tartine. Or l'OSAV insiste sur un apport régulier de protéines, réparti sur toute la journée. L'idée simple : une source de protéines à chaque repas, en petite quantité mais régulièrement. Œufs, séré, yogourt, fromage, poisson, viande hachée ou émincée, légumineuses bien cuites, tofu : il y a toujours une forme facile à mâcher et à digérer.
| Repas | Une idée simple | Ce qui aide |
|---|---|---|
| Déjeuner | pain, beurre, un œuf à la coque ou un séré avec des fruits | un produit laitier ou un œuf dès le matin |
| Dîner | petite portion de papet avec saucisse émincée, ou filet de poisson et purée | une viande tendre, un poisson ou des légumineuses |
| Quatre-heures | yogourt, morceau de fromage et quelques fruits secs | une collation qui ne coupe pas l'appétit du soir |
| Souper | potage enrichi, omelette aux herbes, croûte au fromage en petite part | quelque chose de chaud, même léger |
Cuisiner d'avance, en portions
Le dimanche, quand la famille cuisine, on prépare une marmite de plus : soupe, émincé, gratin, compote. Répartis en petites boîtes étiquetées avec le plat et la date, ils vont au congélateur ou au frigo, et il suffit ensuite de réchauffer. Beaucoup de parents âgés acceptent plus volontiers « les restes du dimanche » qu'un repas livré, parce qu'ils viennent de la table familiale. Le rayon repas de famille explique comment prévoir ces boîtes dès le départ.
Les petits-enfants peuvent s'en charger : écrire les étiquettes, remplir les boîtes, apporter le panier le mercredi. Les légumes du moment, présentés dans le calendrier mois par mois, donnent des soupes et des purées qui changent d'une semaine à l'autre.
Manger ensemble, même une fois par semaine
On mange mieux à plusieurs. Un repas partagé par semaine, chez eux ou chez vous, change souvent plus de choses qu'un régime bien pensé. On y remarque aussi ce qui coince : des dents qui font mal, des difficultés à couper la viande, un couteau qui ne tranche plus, des courses devenues trop lourdes. Ce sont souvent des problèmes pratiques qui se règlent. Les communes proposent aussi, selon les endroits, des repas à domicile ou des tables partagées : il vaut la peine de se renseigner.

Ce que disent vraiment les mentions autorisées
En Suisse comme dans l'Union européenne, un aliment ne peut annoncer un effet sur le corps que si cet effet a été évalué et figure sur une liste officielle. Pour les nutriments dont on parle le plus chez les aînés, les formules retenues sont sobres :
| Nutriment | Mention autorisée | Où le trouver |
|---|---|---|
| Protéines | contribuent au maintien de la masse musculaire ; contribuent au maintien d'une ossature normale | œufs, produits laitiers, poisson, viande, légumineuses |
| Vitamine D | contribue au maintien d'une fonction musculaire normale et d'une ossature normale | poissons gras, œufs ; la peau en fabrique au soleil |
| Calcium | nécessaire au maintien d'une ossature normale | produits laitiers, certaines eaux minérales, légumes verts |
| Vitamine B12 | contribue à réduire la fatigue | viande, poisson, œufs, produits laitiers |
Ces mentions décrivent le rôle normal de ces nutriments. Elles ne promettent pas qu'en prendre davantage rendra des forces à une personne qui mange déjà suffisamment. L'OSAV recommande par ailleurs un apport de vitamine D à partir de 65 ans, parce que la peau en fabrique moins avec l'âge : c'est une question à poser au médecin.
Et les compléments alimentaires ?
La priorité reste l'assiette. Quand l'appétit est vraiment réduit pendant longtemps et que les repas ne suffisent plus à couvrir les apports, des produits enrichis peuvent dépanner : poudres de protéines à mélanger à un potage ou à un yogourt, boissons lactées, compléments de vitamine D. Avant d'en donner à un parent, on lit la composition et les quantités, on évite de cumuler plusieurs produits qui apportent la même chose, et on en parle au médecin traitant ou au pharmacien s'il prend des médicaments. Un complément ne remplace pas une alimentation variée.
Une perte de poids qui ne s'explique pas, un refus de manger qui s'installe ou des difficultés à avaler ne relèvent plus de la cuisine : ils doivent être signalés au médecin. Pour les jours ordinaires, le placard de réserves d'un parent qui vit seul mérite aussi un coup d'œil de temps en temps.
Des idées de cuisine, pas des conseils médicaux. Une perte d'appétit ou de poids qui dure, des difficultés à avaler : on en parle au médecin.