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Bien manger à petit prix, comme nos grands-parents savaient le faire.

Le ticket Rayon 2 · Le marché

Rayon 2 · Le marché

Faire son marché sans se ruiner : l'heure, le tour, les deuxièmes choix

Le marché a la réputation d'être plus cher que le supermarché. C'est parfois vrai, souvent faux, et ça dépend surtout de la façon dont on s'y prend. Nos grands-parents y allaient avec une liste courte, un panier et l'œil ouvert.

Une affaire d'horaire

Le samedi matin, le marché n'est pas le même à huit heures et à midi. Tôt, tout est là, les plus belles salades, les œufs du jour, les maraîchers ont le temps de parler. C'est l'heure de ceux qui cherchent un produit précis. Vers la fin, les étals se vident, les prix se négocient plus facilement et les vendeurs préfèrent souvent vendre un cageot entier à bas prix plutôt que de le recharger dans la camionnette.

Les deux stratégies se défendent. Pour un petit budget, le bon compromis consiste à venir tôt pour les produits qui comptent (le fromage, les œufs, la viande quand il y en a) et à revenir en fin de matinée pour les légumes en quantité. Beaucoup de grands-mères faisaient exactement ça, avec un premier tour avant la messe ou le café, et un second en rentrant.

Faire le tour avant d'acheter

La règle la plus simple, et la plus souvent oubliée : on ne s'arrête pas au premier étal. On fait le tour, on regarde les prix affichés, on compare le kilo de carottes ici et là. Sur un même marché, l'écart entre deux stands peut aller du simple au double pour un produit comparable, selon qu'il vient de la ferme d'à côté ou d'un grossiste.

Un petit carnet ou une note sur le téléphone aide les premières semaines. Au bout d'un mois, on connaît les prix par cœur, on sait quel stand a les meilleures pommes de terre et lequel fait un prix sur les pommes abîmées. Ce sont les habitudes qu'on retrouve dans le calendrier des légumes mois par mois : acheter ce qui abonde, au moment où ça abonde.

Étal de marché avec chou-fleur, brocoli, radis et oignons nouveaux
Un premier tour pour regarder, un second pour acheter.

Parler au maraîcher

Au supermarché, personne ne vous dira que les fraises seront moins chères la semaine prochaine. Au marché, si. Le maraîcher sait ce qui arrive, ce qui se termine, ce qui a souffert de la grêle et ce qui déborde. Il sait aussi ce qu'il fera de ses invendus.

Demander « qu'est-ce qui est beau en ce moment ? » ouvre souvent de bonnes affaires. Demander « vous en auriez un peu plus, pour une soupe ? » aussi. Les clients fidèles reçoivent volontiers une botte de persil ou les feuilles de céleri qu'on aurait jetées. Ce n'est pas de la mendicité, c'est le commerce de proximité tel qu'il fonctionnait du temps de nos grands-parents, quand on se connaissait d'un samedi à l'autre.

Les deuxièmes choix et la fin de marché

Beaucoup de producteurs proposent des « deuxièmes choix » : pommes tachées, carottes fourchues, tomates fendues, courgettes trop grosses. Elles ont le même goût et coûtent souvent deux à trois fois moins cher. Pour une soupe, une compote, un gratin ou des confitures, c'est exactement ce qu'il faut.

En fin de marché, certains vendent aussi des cageots « à finir » : un mélange de légumes mûrs à point, à cuisiner dans les deux jours. C'est intéressant si l'on a le temps de les préparer tout de suite ou de les mettre en bocaux. Sinon, on risque de jeter ce qu'on a payé, et l'économie s'envole. Un bon test : avant d'acheter un cageot, on se demande quels plats on en tirera, et quel jour on aura le temps de les préparer.

Étal de marché garni de carottes, de bottes de radis et de légumes verts
Les bottes de fin de matinée, à cuisiner dans les deux jours.

Le panier, le cornet et les contenants

Le panier de grand-maman avait une bonne raison d'être : il limitait les achats à ce qu'on pouvait porter. Un panier ou un grand sac en tissu, quelques boîtes pour les œufs, le fromage ou les olives, un bocal pour la crème ou le séré vendu au détail : on évite les cornets et les barquettes, et beaucoup de stands acceptent volontiers ces contenants.

Pour les parents âgés, le panier devient vite trop lourd. C'est là que les enfants et les petits-enfants peuvent prendre le relais : faire le marché à deux, porter les courses, ou rapporter le panier du samedi en passant. Ce geste simple compte souvent plus qu'on ne le croit, comme on l'explique à la page cuisiner pour ses parents âgés.

Marché ou grande surface : faire ses comptes

Le marché n'est pas toujours le moins cher. Les produits de base du placard (pâtes, riz, farine, huile, légumineuses sèches) s'achètent mieux ailleurs, en grande quantité. En revanche, pour les légumes du moment, les fruits en quantité, les œufs et le fromage à la coupe, le marché tient souvent la comparaison, surtout si l'on joue le jeu des deuxièmes choix et des fins de matinée.

La vraie différence se joue sur le gaspillage. On achète au marché ce qu'on va cuisiner dans la semaine, en vrac, à la quantité près, sans paquet de six quand on en veut trois. Les comptes se font donc sur ce qu'on mange, pas sur l'étiquette. Pour aller plus loin dans le calcul, le rayon bien manger avec un petit budget détaille le prix à la portion des plats de tous les jours.

Le réflexe du samedi. Liste courte, panier qui ne déborde pas, un tour complet avant le premier achat, et une question au maraîcher : « qu'est-ce qui est beau ? »