Le ticket Rayon 6 · La grande tablée
Rayon 6 · La grande tablée
Le repas de famille à petit prix : un plat unique, une rallonge et chacun son rôle
Le repas de famille du dimanche coûte vite cher quand on veut bien faire : apéritif, entrée, viande, fromages, dessert. Nos grands-parents recevaient souvent plus de monde avec moins d'argent. Leur secret tenait en trois mots : un plat unique.
Un plat unique, généreux et bon marché
Le pot-au-feu, le bouilli, le papet, la potée aux choux, le gratin de pâtes, la soupe de chalet : les plats de famille d'autrefois avaient un point commun. Ils cuisaient longtemps, dans une seule grande marmite, avec des morceaux de viande peu chers et beaucoup de légumes. Plus la tablée grandissait, plus on ajoutait de pommes de terre et de carottes.
Un pot-au-feu pour dix personnes demande environ un kilo et demi de viande à bouillir (plat de côtes, jarret, épaule), un os à moelle, et deux à trois kilos de légumes : poireaux, carottes, céleri, navets, chou, pommes de terre. Cela revient à quelques francs par convive, et l'on obtient en prime un bouillon pour la semaine. Le plat attend sans souci si quelqu'un arrive en retard, ce qui n'est pas le moindre de ses avantages.
Le plat unique a un autre mérite : il libère celui qui reçoit. Au lieu de courir entre le four, la poêle et la table pendant tout le repas, on lance la marmite le matin et l'on passe l'après-midi avec ses invités. Les grands-mères qui nourrissaient douze personnes le dimanche n'avaient pas plus de temps que nous ; elles avaient simplement choisi des plats qui cuisaient tout seuls. Les végétariens de la tablée ne sont pas oubliés pour autant : un gratin de légumes, une potée de lentilles ou des röstis avec un œuf au plat se préparent à côté pour un prix modeste.

Chacun apporte quelque chose
Dans beaucoup de familles romandes, le repas du dimanche se partage déjà sans qu'on le dise : la tante apporte son gâteau, le cousin le vin, les grands-parents leurs confitures. On peut l'organiser un peu mieux. Celui qui reçoit prépare le plat principal ; les autres se répartissent l'entrée, le fromage, le dessert et le pain. Personne ne porte toute la dépense, et chacun est fier de son plat.
Les plus jeunes peuvent avoir leur rôle : mettre la table, préparer une salade, faire la tresse ou le gâteau la veille avec leurs grands-parents. Le rayon cuisiner avec les enfants donne des idées selon l'âge.
La place de chacun à table
Un repas de famille réunit souvent trois, parfois quatre générations. Les plus âgés aiment être au milieu, là où passe la conversation, plutôt qu'au bout de la table. Il vaut mieux les installer sur une chaise stable avec des accoudoirs, pas sur un tabouret, près d'une sortie facile, et à côté de quelqu'un qui pourra leur couper la viande sans le faire remarquer.
Les petits, eux, supportent mal les repas de trois heures. Une table des enfants à côté, ou le droit de sortir de table entre le plat et le dessert, évite bien des tensions. Les adolescents, souvent, préfèrent être assis près des grands-parents qu'on ne le croit : c'est là qu'on entend les meilleures histoires.
Pour les aînés qui mangent peu, on sert de petites portions, quitte à resservir, plutôt qu'une assiette pleine qui décourage. On pense aussi aux morceaux tendres, à la viande coupée en cuisine, à une purée à côté des pommes de terre sautées. Personne ne le remarque, et le repas reste un plaisir pour tout le monde.

L'apéritif et le dessert, sans exploser le budget
C'est souvent là que la note grimpe. Un apéritif simple fait aussi bien l'affaire : des bâtonnets de légumes, une tresse coupée en tranches, un peu de fromage du coin, des noix, un sirop pour les enfants. Les chips et les feuilletés industriels coûtent cher et coupent l'appétit pour le plat qu'on a préparé avec soin.
Pour le dessert, les gâteaux aux fruits du moment, la crème caramel, les meringues avec de la crème double ou une simple salade de fruits font plaisir à tout le monde. Un grand gâteau aux pommes pour douze personnes revient à quelques francs, pâte maison comprise.
Le dimanche soir : la croûte au fromage
Le lendemain d'un grand repas, il reste du pain, un morceau de fromage, un fond de vin blanc. C'est le souper idéal : la croûte au fromage. Les tranches de pain sont humectées de vin ou de bouillon, couvertes de fromage râpé, et passées au four jusqu'à ce que le dessus gratine. Avec une salade verte, c'est un repas complet et réconfortant, pour un prix ridicule.
Le reste du bouillon du pot-au-feu, lui, devient une soupe aux vermicelles ou la base d'un risotto. Toutes ces idées se retrouvent au rayon la cuisine des restes.
Des boîtes pour repartir
Une habitude de grand-mère mérite d'être remise au goût du jour : prévoir des boîtes pour que chacun reparte avec un peu du repas. Les jeunes adultes qui vivent seuls apprécient, et pour les parents âgés, une ou deux portions de pot-au-feu ou de gratin font les repas du lundi et du mardi sans effort. On en parle plus longuement au rayon cuisiner pour ses parents âgés.
Pour les familles qui comptent leurs francs, ces boîtes ont un autre avantage : rien ne finit à la poubelle, et le coût du repas se répartit naturellement sur plusieurs jours. Les comptes complets du panier de la semaine sont dans le rayon manger bien avec un petit budget.
La règle des grands repas. Un seul plat cuisiné longtemps, un dessert de fruits, et des boîtes prêtes pour les restes. Le reste, c'est la conversation.