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0.90Nonante
Centimes

Bien manger à petit prix, comme nos grands-parents savaient le faire.

Le ticket L'ardoise du marché

L'ardoise du marché

Petit lexique de la cuisine romande, du déjeuner au souper

Les cahiers de recettes de nos grands-parents parlent une langue un peu à part. Quand on les ouvre à Paris ou à Bruxelles, on ne sait plus à quelle heure se mange le dîner ni ce qu'est un séré. Voici l'ardoise des mots qu'on rencontre le plus souvent dans une cuisine de Suisse romande.

Les repas de la journée

Le motCe qu'il veut dire
Le déjeunerle repas du matin, avec le café au lait et les tartines
Le dînerle repas de midi, souvent le plus copieux de la journée autrefois
Les quatre-heuresle goûter de l'après-midi, qui ne concerne pas que les enfants
Le souperle repas du soir, souvent une soupe, une croûte ou un café complet
Le café completun souper simple : café au lait, pain, beurre, confiture, fromage
Le brunchle mot est venu plus tard, mais la tresse du dimanche était déjà là

À la cuisine

Le motCe qu'il veut dire
La panossela serpillière, indispensable après une séance de confiture
La lavettele petit chiffon pour la vaisselle ou la table
Le lingele torchon ou l'essuie-mains, selon l'usage
Le cornetle sac en papier ou en plastique des courses
Le chenile désordre ; « quel cheni dans cette cuisine »
Réduireranger, remettre à sa place : « réduis le beurre au frigo »
Le galetasle grenier, où séchaient les pommes et les herbes
La boillele bidon à lait, que l'on allait remplir à la laiterie

Dans l'assiette

Le motCe qu'il veut dire
Le séréun fromage frais égoutté, proche du fromage blanc, très utilisé en pâtisserie
Le gâteauce qu'on appelle ailleurs une tarte : gâteau aux pommes, aux pruneaux, à la crème
Les croûtes doréesle pain perdu, trempé dans l'œuf et le lait puis doré à la poêle
La tressele pain au beurre tressé du dimanche matin
Le papetla potée de poireaux et de pommes de terre, avec sa saucisse
Les röstisla galette de pommes de terre râpées, dorée à la poêle
La dent-de-lionle pissenlit, qu'on mange en salade avec des lardons et un œuf
Le birchermüesliles flocons d'avoine trempés, avec pomme râpée et yogourt
Le cervelasla saucisse populaire, grillée ou en salade

Les chiffres et les prix

Le motCe qu'il veut dire
Septantesoixante-dix
Huitantequatre-vingts, dans une partie de la Suisse romande
Nonantequatre-vingt-dix ; d'où les nonante centimes du nom de ce site
Un franc nonantele prix qu'on entend au marché, sans calcul mental
Une thuneune pièce de cinq francs, dans la bouche des grands-parents

Ces mots ne sont pas des fautes : ce sont des helvétismes, des tournures propres au français parlé en Suisse. Beaucoup viennent de l'ancien français ou des patois, et ils survivent surtout là où l'on se transmet les choses de vive voix, c'est-à-dire en cuisine. On les retrouve dans les recettes de grands-parents revisitées et sur les étals quand on fait son marché.