Le ticket L'ardoise du marché
L'ardoise du marché
Petit lexique de la cuisine romande, du déjeuner au souper
Les cahiers de recettes de nos grands-parents parlent une langue un peu à part. Quand on les ouvre à Paris ou à Bruxelles, on ne sait plus à quelle heure se mange le dîner ni ce qu'est un séré. Voici l'ardoise des mots qu'on rencontre le plus souvent dans une cuisine de Suisse romande.
Les repas de la journée
| Le mot | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| Le déjeuner | le repas du matin, avec le café au lait et les tartines |
| Le dîner | le repas de midi, souvent le plus copieux de la journée autrefois |
| Les quatre-heures | le goûter de l'après-midi, qui ne concerne pas que les enfants |
| Le souper | le repas du soir, souvent une soupe, une croûte ou un café complet |
| Le café complet | un souper simple : café au lait, pain, beurre, confiture, fromage |
| Le brunch | le mot est venu plus tard, mais la tresse du dimanche était déjà là |
À la cuisine
| Le mot | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| La panosse | la serpillière, indispensable après une séance de confiture |
| La lavette | le petit chiffon pour la vaisselle ou la table |
| Le linge | le torchon ou l'essuie-mains, selon l'usage |
| Le cornet | le sac en papier ou en plastique des courses |
| Le cheni | le désordre ; « quel cheni dans cette cuisine » |
| Réduire | ranger, remettre à sa place : « réduis le beurre au frigo » |
| Le galetas | le grenier, où séchaient les pommes et les herbes |
| La boille | le bidon à lait, que l'on allait remplir à la laiterie |
Dans l'assiette
| Le mot | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| Le séré | un fromage frais égoutté, proche du fromage blanc, très utilisé en pâtisserie |
| Le gâteau | ce qu'on appelle ailleurs une tarte : gâteau aux pommes, aux pruneaux, à la crème |
| Les croûtes dorées | le pain perdu, trempé dans l'œuf et le lait puis doré à la poêle |
| La tresse | le pain au beurre tressé du dimanche matin |
| Le papet | la potée de poireaux et de pommes de terre, avec sa saucisse |
| Les röstis | la galette de pommes de terre râpées, dorée à la poêle |
| La dent-de-lion | le pissenlit, qu'on mange en salade avec des lardons et un œuf |
| Le birchermüesli | les flocons d'avoine trempés, avec pomme râpée et yogourt |
| Le cervelas | la saucisse populaire, grillée ou en salade |
Les chiffres et les prix
| Le mot | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| Septante | soixante-dix |
| Huitante | quatre-vingts, dans une partie de la Suisse romande |
| Nonante | quatre-vingt-dix ; d'où les nonante centimes du nom de ce site |
| Un franc nonante | le prix qu'on entend au marché, sans calcul mental |
| Une thune | une pièce de cinq francs, dans la bouche des grands-parents |
Ces mots ne sont pas des fautes : ce sont des helvétismes, des tournures propres au français parlé en Suisse. Beaucoup viennent de l'ancien français ou des patois, et ils survivent surtout là où l'on se transmet les choses de vive voix, c'est-à-dire en cuisine. On les retrouve dans les recettes de grands-parents revisitées et sur les étals quand on fait son marché.